squat-des-sauges

Mardi 3 octobre 2006
    Squat des Sauges: lourdement condamnéEs pour avoir débouché les toilettes !!                 


Les occupantEs du squat des Sauges à Lausanne ont été condamnéEs pour violation de domicile et dommages à la propriété pour avoir débouché les toilettes. Trois habitantEs écoppent de 45 jours d'emprisonnement ferme et deux personnes de passage devront payer 500 francs d'amende. Toutes les inculpéEs ont fait opposition. Cette condamnation d'une sévérité inouïe en Suisse, illustre bien la tendance de plus en plus répressive, de la société . Les SI (Services Industriels) sont eux aussi mis en cause.

Rappel historique des faits:

Le 2 mars 2006, nous avons occupé une maison au chemin des Sauges 9 à Lausanne. La maison était vide depuis deux ans et vouée à la démolition. Nous avons aménagé le bâtiment pour y habiter de manière communautaire et alternative et ce jusqu'au début des travaux de démolition-construction. Dès le premier jour et à de nombreuses reprises, nous avons tenté d'entamer des négociations avec les propriétaires en vue d'un contrat de confiance. Mais il-les ont déposé une plainte pénale pour violation de domicile et dommages à la propriété.
Début mai, une descente de vingt à trente policiers (police municipale, judiciaire) identifie cinq personnes sur place, trois habitantEs et deux personnes de passage. S'ensuit une requête de mesures d'urgence adressée par les propriétaires  au Tribunal d'Arrondissement demandant l'évacuation dans les 48 heures. Le Juge refuse ces mesures suite à une audience le 1er juin, statuant que la maison ne présente pas de danger immédiat pour les occupantEs et que l'occupation en cours n'altére aucunement les projets de vente de la parcelle. Comme prévu, le 30 juin l'agence immobilière du Léman SA devient propriétaire. Pourtant, invoquant notre présence, cette dernière auraient refusé de payer la totalité du prix de vente, fixé préalablement dans une promesse de vente. Et ces messieurs nous accusent d'être des gentes sans parole!
Les ancienNEs proprios (conseilléEs par Maître Osojnak)ont donc déposé plaintes pénale et civile contre les SI (Services Industriels) pour violation de domicile et dommages et intérêts, leur réclamant la perte sur le prix de vente. Cette avocate, mandatée entretemps par la Léman SA,  aurait-elle omis de signaler à ces ancienNEs clientEs que c'est à la Leman S.A qu'ils & elles doivent réclamer leurs « manque à gagner » et non pas aux S.I.? Quoiqu'il en soit, les SI n'avaient pas coupé l'eau et l'électricité, ni avant ni pendant notre occupation, malgré les demandes répétées des proprios qui préféraient que la maison soit insalubre et inhospitalière. En effet, ce sont des denrées vitales que toutE habitantE de la ville est en droit d'obtenir. Les SI, service public ayant le monopole de la distribution d'énergie, ne devraient pas pouvoir refuser de fournir leurs prestations, faute de quoi la porte serait grande ouverte aux abus. Malgré leur service juridique (sûrement) compétent, ils sont en mauvaise posture et envisagent dorénavant de couper systématiquement les fluides des bâtiments inoccupés. Espérons que ces plaintes ne modifieront pas la politique des SI en la matière...

Pendant la grisaille d'août, Laurent Maye (le juge d'instruction qui maille en mal de pouvoir), condamne les habitantEs à 45 jours de prison ferme et nos amiEs de passage à 500 fr. d'amende... La moutarde lui monte vraiment au nez, puisqu'il nous condamne pour avoir débouché l'écoulement des chiottes ("dommages à la propriété") et pour "violation de domicile", alors que la maison était vide depuis deux ans. Faut arrêter la moutarde Laurent, tu perds la tête!
D'un élan collectif, nous avons immédiatement fait opposition, rendant ainsi cette décision caduque. L'affaire a été transmise au Tribunal de Police, et une audiance est prévue pour les 28 et 29 août... Nous vous ferons savoir quelles festivités seront mises en place (petit déjeuné de soutien, représentation théatrale...à suivre)
Nous refusons d'être condamné-e-s pour avoir réparé les sabotages des proprios! La propriété privée ne devrait pas justifier tout les abus et nous réclamons le droit d'usage pour les espaces inutilisés.

Les prorprios se succèdent, mais l'affaire est toujours entre les mains de Maitre Osojnak, qui représente maintenant les aillerons de la Léman SA . Dernières nouvelles en date, ils ont déposé une plainte civile, réclamant notre expulsion et 30 000 fr. de dédomagements. Ils prétextent qu'à cause de nous ils n'auraient pas encore obtenu leur permis de construire et que nous serions donc responsables du retard des travaux. Ils justifient aussi cette somme par leurs frais d'avocat. C'est cher payé pour une avocate qui a déjà fait preuve de sa bassesse dans l'affaire de la crypte (un ancien squat Lausannois).

Dans ce climat de durcissement réel, un débat public élargi sur la problématique des squats et de la répression s'impose. Force est de constater que depuis quelques années, les condamnations pénales pour les affaires de squat deviennent de plus en plus sévères. Quel est le sens d'une telle répression juridique lorsque des personnes occupent, aménagent et entretiennent des propriétés inutilisées et laissées à l'abandon? Bien qu'encore illégale en suisse, l'occupation d'une maison vide est moralement légitime. Le crime n'est-il pas  justement de laisser des maisons inoccupées? Pourtant, défiant tout bon sens, la propriété privée reste un droit sacro-saint (comme un bouchon de ciment dans les canalisations des toilettes!). Au nom duquel on autorise à saboter une maison et à la laisser abandonnée pendant des années (voir aussi la RiPoste à Lausanne). En tant que propriétaire d'un bien fondamental (comme une maison), ne devrait-on pas avoir la responsabilité de le mettre à disposition si l'on n'en fait pas usage soi-même? Au contraire, la justice, par ces décisions de plus en plus ahurissantes, encourage les propriétaires à la spéculation en empêchant toute possibilité d'utilisation de leurs maisons vides. On dérive en plein capitalisme néo-libéral! Comment, face à cette répression, pouvons nous mettre en oeuvre nos alternatives?

Le constat est global, ce durcissement ne touche pas que les mouvements squats. Depuis une vingtaine d'années, nous assistons à un renforcement grandissant de la répression comme seule réponse aux problèmes sociaux. La parano sécuritaire ambiante s'attaque à tout ce qui sort du schéma capitaliste (« travailles, consommes, tais-toi »). Ainsi des personnes en situation précaire ou irrégulière (comme les contestataires, chômeurs-euses, étrangers-ères, requérants d'asile, sans-papiers...) sont accusées d'abus, d'être des profiteurs-euses et sont par conséquent de plus en plus criminaliséEs, contrôléEs et répriméEs. Cette logique répressive renforce la précarité en chargeant les casiers judiciaires et en jettant en prison, en refusant les régularisations et en prononçant des interdictions de travail...
Ainsi, cette machine d'exclusion sociale refuse leurs droits fondamentaux à toute une frange de la population. 
Un juge n'hésite plus aujourd'hui à vouloir emprisonner des squatters-ères alors que les prisons sont déjà surpeuplées...
               Squat mixte & Antikapitaliste des Sauges, à La Blécherette-Lôzanne
Par Collectif de squatteureuses
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Jeudi 2 novembre 2006
Bonne nouvelle dans ce monde de chiottes, la soirée de soutien du 28 octobre a accueilli environ 300 personnes à l'espace autogéré de Lausanne jusqu'aux aurores. Merci à touTEs celles et ceux qui sont venuEs nous y soutenir joyeusement ou dans la sueur.

Nous avons d'ailleurs encore des produits de l'artisanat squat:

- mini CD avec le tube rap de l'hiver "45 coups d'batte", l'oeuvre posthume "requiem d'un squat" et notre bonus video "conan le squatteur au pays de la répression"

- t-shirts sérigraphiés de votre équipe de foot favorite: blason squat des sauges (devant) et 45 (derrière), + squatwoman, justice et police (voir les affiches sur ce blog)

- gobelets en porcelaine estampillés du blason

- badge à l'effigie du blason

Pour nous contacter:

ch. des Sauges 9
1018 Lausanne

ou auxsauges@no-log.org
Par Collectif de squatteureuses
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Jeudi 2 novembre 2006
Oyez ! Oyez !

Afin de faire circuler les informations sur la situation du squat des Sauges,  nous avons mis au point une piece de théatre de rue, qui illustre l'état répressif auquel nous sommes confronté...
Composée d'une scène de jugement et d' exécution (à la guillotine) à la mode médiévale, cette pièce de 15 minutes manque de participant-e-s pour pouvoir être jouée régulièrement...

Les rôles les plus complexe sont ceux du juge, de l'annonciateur de rue, et des bourgeois-es; nous cherchons des personnes pour le rôle de garde (2) et celui du prêtre (1), sachant que ces rôles sont tout à fait abordables même à des débutants, il y a trés peu de textes et les déplacements sont minimes... Une seule répétition suffit à se sentir à l'aise!

N'hésitez pas à nous contacter pour prendre part à cette aventure de critique sociale, en mentionnant vos disponibilités, idéalement nous jouont lors des marchés (les mercredi et samedi midi) mais si vous avez des idées de dates et de lieux où nous pourrions exhiber nos méthodes de répression et de contrôle social moderne, faites le nous savoir...
Par Collectif de squatteureuses
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Mardi 17 avril 2007

Ces derniers mois les évènements se sont précipités autour de la maison:
Suite à la levée des 9 oppositions de voisin-ne-s du quartier, La leman SA, propriétaire  du terrain et forte de l'obtention de son permis de démolir la petite maison et  son grand verger pour construire un immeuble  de trois étages plus un niveau d'attics (avec plusieurs salles de bains et toilettes par appartements!!), à engagé de nouvelles procédures judiciaires en déposant une demande de mesures pré-provisionnelles et provisionnelles. En deux mots, il s'agit d'une demande d'expulsion dans l'urgence souvent argumentées par un danger appellé "péril en la demeure"...
En l'occurance, le seul argument qui a appuyé ici les mesures d'urgences, c'est un devis d'une entreprise de démolition, le "péril en la demeure" serait un retard du début des travaux!

Récapitulons: dans le courant du mois de février, la leman SA obtient son permis de démolir par la levée des oppositions de quartier. Ce permis de construire devient exécutoire après un délai de 20 jours donné aux opposant-e-s pour recourir au Tribunal administratif, soit dès la mi-mars. Plutôt que de nous en avertir à temps, la Léman SA dépose le 27 mars une demande d'expulsion dans les 48 heures, qui est accordée le 28 mars, sans audience et avec un délai de 4 jours! Ce délai est totalement disproportionné compte tenu du fait que nous habitions la maison depuis une année et que le "début des travaux" promis par la Léman SA manquait de preuves. Notons au passage que M. Crespo, directeur de ladite Léman SA, n'avait pas hésité à promettre devant un juge en juin 2006 le début de chantier pour "dans quelques semaines". Est-ce que la Léman SA avait vraiment entreprit toutes les démarches préalables au début du chantier et stipulées noir sur blanc dans le permis de construire (avertir les SI 20 jours avant, convenir avec la ville d'un emplacement des bennes, prévoir avec les services des eaux le débranchement des canalisations etc. etc.)? Question restée sans réponse et qui ne semblait guère intéresser le juge.

Donc après plus d'un an d'occupation, et après un week-end de déménagement intensif (afin de mettre en lieu sûr les objets de valeur auxquels nous tenions), nous attendions le lundi 2 avril à partir de 7 heures du matin le propriétaire et ses ouvriers, avec nos ami-e-s venu-e-s en soutien,  autour d'un petit déjeuner...
Lorsque ces messieurs, sont arrivés  avec téléphones à l'oreillette, casques de chantier et armés de leur masses et pioches, quelques un-e-s des habitant-e-s se sont réfugié-e-s à l'intérieur en leur faisant savoir que nous refusions un délai aussi court pour  quitter une maison, et que nous étions prêt-e-s à les bombarder de compost et de seau d'eau!!!
Après une courte phase d'intimidation, ou nous avons expliqués aux ouvriers qu'ils n'avaient pas à se substituer à la police, nous avons dû argumenter avec le propriétaire, qui nous coupait la parole en nous discréditant, jusqu'au moment où nous lui avons répondu qu'il n'était pas en ordre, et qu'il n'avait pas éffectué, à notre connaissance, les démarches  préliminaires au bon déroulement du chantier de démolition...
Notament, les Services Industriels doivent être prévenus 20 jours à l'avance afin de procéder à la coupure des fluides (ici, il s'agissait de couper la ligne électrique aerienne).
Cet argument à quelque peu décontenancé M.Crespo, notre héro/martyre de propriétaire, puisqu'il a expressément ordonné une pause café à ses ouvriers (sans doute pour lui permettre de s'entretenir avec sa chère conseillère d'avocate ou de fixer immédiatement un rendez vous aux S.I. )...
Vers midi, suite à une conférence de presse, l'huissier de justice accompagné d'un policier judiciaire tentait la médiation entre les deux parties. Une scéance de négociation, initiée par notre avocat, eu lieu dans notre jardin ensoleillé en présence des trois habitant-e-s inculpé-e-s qui obtienent dix jours de délais supplémentaires pour déménager.

Les jours suivant furent mouvementés autour de la maison: des ami-e-s et des véhicules s'activent, des cartons s'entassent et se remplissent pour s'éparpiller dans des locaux divers prétés temporairement, toutes sortes de plantes et arbustes sont déterrés et transplantés (des fleurs et leurs bulbes, des herbes aromatiques, des rosiers, groseillers, des pieds de kiwis mâle et femelle un pêcher et un pied de vigne)... Pendant que la maison se vide, le circuit électrique se simplifie pour finallement disparaitre et laisser place à une dernière fondue dans la maison éclairée à la bougie. C'est une année d'occupation qui se termine en 14 jours de déménagement et démontage festif...

Par Collectif de squatteureuses
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Mercredi 13 juin 2007

Dernières nouvelles

Les propriétaires, l'agence du Léman SA, ont renoncé aux prétentions civiles contre les occupantEs des Sauges. En effet, lors d'une audience au Tribunal le 30 avril 07, Carlos Crespo, directeur, et son avocate Me Sandrine Ozojnak ont, sous pression du juge et à contre-coeur, abandonné la requête exigeant aux squatteurEUSEs des dommages et intérêts (montant annoncé de CHF 30 000.-). Une demande "pas raisonnable" puisque "sans objet", la maison étant rasée, selon le président du tribunal. Par contre, pas d'entente possible entre les parties concernant les frais de justice et les dépens (frais d'avocat des plaignants). Le collectif attend toujours la réponse du juge, qui doit trancher sur qui devra payer quoi et combien.

Autre bémol de cette requête, deux  "non occupants" qui avaient malencontreusement été identifiés lors du contrôle de police dans le cadre de la procédure pénale sont impliquéEs au civil comme occupantEs, ce qui est détestable puisque l'instruction pénale a déjà prouvé qu'il et elle n'habitaient pas la maison. Malgré notre demande évidente d'épargner ces deux personnes, Me Ozojnak et M. Crespo daignent en tenir compte et veulent qu'un maximum de gens paient.

C'est la troisième fois que nous entendons leur même discours: punir un maximum les squatteurEUSEs les dissuaderaient et mettraient ainsi les proprios à l'abri du phénomène... Notre avocat, Me Dolivo, n'a pas manqué de leur rappeler que ce genre de changement n'est pas de leur ressort...

Suite bientôt.

Par Collectif de squatteureuses
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