Mardi 17 avril 2007

Ces derniers mois les évènements se sont précipités autour de la maison:
Suite à la levée des 9 oppositions de voisin-ne-s du quartier, La leman SA, propriétaire  du terrain et forte de l'obtention de son permis de démolir la petite maison et  son grand verger pour construire un immeuble  de trois étages plus un niveau d'attics (avec plusieurs salles de bains et toilettes par appartements!!), à engagé de nouvelles procédures judiciaires en déposant une demande de mesures pré-provisionnelles et provisionnelles. En deux mots, il s'agit d'une demande d'expulsion dans l'urgence souvent argumentées par un danger appellé "péril en la demeure"...
En l'occurance, le seul argument qui a appuyé ici les mesures d'urgences, c'est un devis d'une entreprise de démolition, le "péril en la demeure" serait un retard du début des travaux!

Récapitulons: dans le courant du mois de février, la leman SA obtient son permis de démolir par la levée des oppositions de quartier. Ce permis de construire devient exécutoire après un délai de 20 jours donné aux opposant-e-s pour recourir au Tribunal administratif, soit dès la mi-mars. Plutôt que de nous en avertir à temps, la Léman SA dépose le 27 mars une demande d'expulsion dans les 48 heures, qui est accordée le 28 mars, sans audience et avec un délai de 4 jours! Ce délai est totalement disproportionné compte tenu du fait que nous habitions la maison depuis une année et que le "début des travaux" promis par la Léman SA manquait de preuves. Notons au passage que M. Crespo, directeur de ladite Léman SA, n'avait pas hésité à promettre devant un juge en juin 2006 le début de chantier pour "dans quelques semaines". Est-ce que la Léman SA avait vraiment entreprit toutes les démarches préalables au début du chantier et stipulées noir sur blanc dans le permis de construire (avertir les SI 20 jours avant, convenir avec la ville d'un emplacement des bennes, prévoir avec les services des eaux le débranchement des canalisations etc. etc.)? Question restée sans réponse et qui ne semblait guère intéresser le juge.

Donc après plus d'un an d'occupation, et après un week-end de déménagement intensif (afin de mettre en lieu sûr les objets de valeur auxquels nous tenions), nous attendions le lundi 2 avril à partir de 7 heures du matin le propriétaire et ses ouvriers, avec nos ami-e-s venu-e-s en soutien,  autour d'un petit déjeuner...
Lorsque ces messieurs, sont arrivés  avec téléphones à l'oreillette, casques de chantier et armés de leur masses et pioches, quelques un-e-s des habitant-e-s se sont réfugié-e-s à l'intérieur en leur faisant savoir que nous refusions un délai aussi court pour  quitter une maison, et que nous étions prêt-e-s à les bombarder de compost et de seau d'eau!!!
Après une courte phase d'intimidation, ou nous avons expliqués aux ouvriers qu'ils n'avaient pas à se substituer à la police, nous avons dû argumenter avec le propriétaire, qui nous coupait la parole en nous discréditant, jusqu'au moment où nous lui avons répondu qu'il n'était pas en ordre, et qu'il n'avait pas éffectué, à notre connaissance, les démarches  préliminaires au bon déroulement du chantier de démolition...
Notament, les Services Industriels doivent être prévenus 20 jours à l'avance afin de procéder à la coupure des fluides (ici, il s'agissait de couper la ligne électrique aerienne).
Cet argument à quelque peu décontenancé M.Crespo, notre héro/martyre de propriétaire, puisqu'il a expressément ordonné une pause café à ses ouvriers (sans doute pour lui permettre de s'entretenir avec sa chère conseillère d'avocate ou de fixer immédiatement un rendez vous aux S.I. )...
Vers midi, suite à une conférence de presse, l'huissier de justice accompagné d'un policier judiciaire tentait la médiation entre les deux parties. Une scéance de négociation, initiée par notre avocat, eu lieu dans notre jardin ensoleillé en présence des trois habitant-e-s inculpé-e-s qui obtienent dix jours de délais supplémentaires pour déménager.

Les jours suivant furent mouvementés autour de la maison: des ami-e-s et des véhicules s'activent, des cartons s'entassent et se remplissent pour s'éparpiller dans des locaux divers prétés temporairement, toutes sortes de plantes et arbustes sont déterrés et transplantés (des fleurs et leurs bulbes, des herbes aromatiques, des rosiers, groseillers, des pieds de kiwis mâle et femelle un pêcher et un pied de vigne)... Pendant que la maison se vide, le circuit électrique se simplifie pour finallement disparaitre et laisser place à une dernière fondue dans la maison éclairée à la bougie. C'est une année d'occupation qui se termine en 14 jours de déménagement et démontage festif...

Par Collectif de squatteureuses - Publié dans : squat-des-sauges
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