Qu'est-ce qu'un squat? Et pourquoi squattons-nous?

Squatter, c'est se réapproprier des espaces inutilisés, revendiquer le droit d'usage plutôt que la propriété privée... Il est inadmissible que des maisons soient laissées à l'abandon, ou pire encore, fassent l'objet d'une spéculation immobilière tout en restant inoccupées. Squatter, c'est libérer le logement de la logique marchande. Se loger est un besoin fondamental qui ne doit pas être exploité pour enrichir les puissants.

Nous squattons, car c'est un mode de vie qui nous permet de ne pas dillapider le peu d'argent que nous gagnons dans des loyer excessifs, en nous sentant plus libre. On peut faire les aménagement les plus fous sans avoir à en faire la demande en trois exemplaires à un proprio aux considérations purement pécunières...

Le squat c'est comprendre les implications de nos actes quotidiens dans la marche du monde. C'est une enclave au coeur de la société capitaliste ambiante, où l'on peut appréhender notre manière d'être, nos réactions, en résistant aux assauts diffus de la  logique spectaculaire marchande. Cette approche communautaire peut nous permettre de nous libérer d'une éducation à caractère sexiste et autoritariste, en étant attentif à ses répercutions sur nos comportements et notre manière d'être.
Le squat nous permet d'expérimenter un mode de  vie collectif et participatif, dans le respect des valeurs et des envies de chacunEs: on prend les décisions touTEs ensemble, on participe aux réalisations selon nos disponibilités, on s'échange nos savoirs et nos connaissances, et on favorise des temps de discussions et d'écoute, pour exprimer nos ressentis, émettre des critiques, soulever des problèmes...


C'est souvent un investissement personnel et collectif: préparer des arguments pour se confronter à l'incompréhension des propriétaires, de la police, organiser des apéro de quartier avec les voisinNEs, tenter d'imposer nos articles aux journalistes...
Ré-investir l'espace demande aussi  beaucoup d'énergie: remettre en état les lieux, s'arranger pour avoir accès aux fluides (eau & électricité)...
C'est une prise de position solidaire face à la justice des riches et des puissants.
Jeudi 2 novembre 2006
Oyez ! Oyez !

Afin de faire circuler les informations sur la situation du squat des Sauges,  nous avons mis au point une piece de théatre de rue, qui illustre l'état répressif auquel nous sommes confronté...
Composée d'une scène de jugement et d' exécution (à la guillotine) à la mode médiévale, cette pièce de 15 minutes manque de participant-e-s pour pouvoir être jouée régulièrement...

Les rôles les plus complexe sont ceux du juge, de l'annonciateur de rue, et des bourgeois-es; nous cherchons des personnes pour le rôle de garde (2) et celui du prêtre (1), sachant que ces rôles sont tout à fait abordables même à des débutants, il y a trés peu de textes et les déplacements sont minimes... Une seule répétition suffit à se sentir à l'aise!

N'hésitez pas à nous contacter pour prendre part à cette aventure de critique sociale, en mentionnant vos disponibilités, idéalement nous jouont lors des marchés (les mercredi et samedi midi) mais si vous avez des idées de dates et de lieux où nous pourrions exhiber nos méthodes de répression et de contrôle social moderne, faites le nous savoir...
Par Collectif de squatteureuses - Publié dans : squat-des-sauges
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Jeudi 2 novembre 2006
Bonne nouvelle dans ce monde de chiottes, la soirée de soutien du 28 octobre a accueilli environ 300 personnes à l'espace autogéré de Lausanne jusqu'aux aurores. Merci à touTEs celles et ceux qui sont venuEs nous y soutenir joyeusement ou dans la sueur.

Nous avons d'ailleurs encore des produits de l'artisanat squat:

- mini CD avec le tube rap de l'hiver "45 coups d'batte", l'oeuvre posthume "requiem d'un squat" et notre bonus video "conan le squatteur au pays de la répression"

- t-shirts sérigraphiés de votre équipe de foot favorite: blason squat des sauges (devant) et 45 (derrière), + squatwoman, justice et police (voir les affiches sur ce blog)

- gobelets en porcelaine estampillés du blason

- badge à l'effigie du blason

Pour nous contacter:

ch. des Sauges 9
1018 Lausanne

ou auxsauges@no-log.org
Par Collectif de squatteureuses - Publié dans : squat-des-sauges
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Mardi 3 octobre 2006
    Squat des Sauges: lourdement condamnéEs pour avoir débouché les toilettes !!                 


Les occupantEs du squat des Sauges à Lausanne ont été condamnéEs pour violation de domicile et dommages à la propriété pour avoir débouché les toilettes. Trois habitantEs écoppent de 45 jours d'emprisonnement ferme et deux personnes de passage devront payer 500 francs d'amende. Toutes les inculpéEs ont fait opposition. Cette condamnation d'une sévérité inouïe en Suisse, illustre bien la tendance de plus en plus répressive, de la société . Les SI (Services Industriels) sont eux aussi mis en cause.

Rappel historique des faits:

Le 2 mars 2006, nous avons occupé une maison au chemin des Sauges 9 à Lausanne. La maison était vide depuis deux ans et vouée à la démolition. Nous avons aménagé le bâtiment pour y habiter de manière communautaire et alternative et ce jusqu'au début des travaux de démolition-construction. Dès le premier jour et à de nombreuses reprises, nous avons tenté d'entamer des négociations avec les propriétaires en vue d'un contrat de confiance. Mais il-les ont déposé une plainte pénale pour violation de domicile et dommages à la propriété.
Début mai, une descente de vingt à trente policiers (police municipale, judiciaire) identifie cinq personnes sur place, trois habitantEs et deux personnes de passage. S'ensuit une requête de mesures d'urgence adressée par les propriétaires  au Tribunal d'Arrondissement demandant l'évacuation dans les 48 heures. Le Juge refuse ces mesures suite à une audience le 1er juin, statuant que la maison ne présente pas de danger immédiat pour les occupantEs et que l'occupation en cours n'altére aucunement les projets de vente de la parcelle. Comme prévu, le 30 juin l'agence immobilière du Léman SA devient propriétaire. Pourtant, invoquant notre présence, cette dernière auraient refusé de payer la totalité du prix de vente, fixé préalablement dans une promesse de vente. Et ces messieurs nous accusent d'être des gentes sans parole!
Les ancienNEs proprios (conseilléEs par Maître Osojnak)ont donc déposé plaintes pénale et civile contre les SI (Services Industriels) pour violation de domicile et dommages et intérêts, leur réclamant la perte sur le prix de vente. Cette avocate, mandatée entretemps par la Léman SA,  aurait-elle omis de signaler à ces ancienNEs clientEs que c'est à la Leman S.A qu'ils & elles doivent réclamer leurs « manque à gagner » et non pas aux S.I.? Quoiqu'il en soit, les SI n'avaient pas coupé l'eau et l'électricité, ni avant ni pendant notre occupation, malgré les demandes répétées des proprios qui préféraient que la maison soit insalubre et inhospitalière. En effet, ce sont des denrées vitales que toutE habitantE de la ville est en droit d'obtenir. Les SI, service public ayant le monopole de la distribution d'énergie, ne devraient pas pouvoir refuser de fournir leurs prestations, faute de quoi la porte serait grande ouverte aux abus. Malgré leur service juridique (sûrement) compétent, ils sont en mauvaise posture et envisagent dorénavant de couper systématiquement les fluides des bâtiments inoccupés. Espérons que ces plaintes ne modifieront pas la politique des SI en la matière...

Pendant la grisaille d'août, Laurent Maye (le juge d'instruction qui maille en mal de pouvoir), condamne les habitantEs à 45 jours de prison ferme et nos amiEs de passage à 500 fr. d'amende... La moutarde lui monte vraiment au nez, puisqu'il nous condamne pour avoir débouché l'écoulement des chiottes ("dommages à la propriété") et pour "violation de domicile", alors que la maison était vide depuis deux ans. Faut arrêter la moutarde Laurent, tu perds la tête!
D'un élan collectif, nous avons immédiatement fait opposition, rendant ainsi cette décision caduque. L'affaire a été transmise au Tribunal de Police, et une audiance est prévue pour les 28 et 29 août... Nous vous ferons savoir quelles festivités seront mises en place (petit déjeuné de soutien, représentation théatrale...à suivre)
Nous refusons d'être condamné-e-s pour avoir réparé les sabotages des proprios! La propriété privée ne devrait pas justifier tout les abus et nous réclamons le droit d'usage pour les espaces inutilisés.

Les prorprios se succèdent, mais l'affaire est toujours entre les mains de Maitre Osojnak, qui représente maintenant les aillerons de la Léman SA . Dernières nouvelles en date, ils ont déposé une plainte civile, réclamant notre expulsion et 30 000 fr. de dédomagements. Ils prétextent qu'à cause de nous ils n'auraient pas encore obtenu leur permis de construire et que nous serions donc responsables du retard des travaux. Ils justifient aussi cette somme par leurs frais d'avocat. C'est cher payé pour une avocate qui a déjà fait preuve de sa bassesse dans l'affaire de la crypte (un ancien squat Lausannois).

Dans ce climat de durcissement réel, un débat public élargi sur la problématique des squats et de la répression s'impose. Force est de constater que depuis quelques années, les condamnations pénales pour les affaires de squat deviennent de plus en plus sévères. Quel est le sens d'une telle répression juridique lorsque des personnes occupent, aménagent et entretiennent des propriétés inutilisées et laissées à l'abandon? Bien qu'encore illégale en suisse, l'occupation d'une maison vide est moralement légitime. Le crime n'est-il pas  justement de laisser des maisons inoccupées? Pourtant, défiant tout bon sens, la propriété privée reste un droit sacro-saint (comme un bouchon de ciment dans les canalisations des toilettes!). Au nom duquel on autorise à saboter une maison et à la laisser abandonnée pendant des années (voir aussi la RiPoste à Lausanne). En tant que propriétaire d'un bien fondamental (comme une maison), ne devrait-on pas avoir la responsabilité de le mettre à disposition si l'on n'en fait pas usage soi-même? Au contraire, la justice, par ces décisions de plus en plus ahurissantes, encourage les propriétaires à la spéculation en empêchant toute possibilité d'utilisation de leurs maisons vides. On dérive en plein capitalisme néo-libéral! Comment, face à cette répression, pouvons nous mettre en oeuvre nos alternatives?

Le constat est global, ce durcissement ne touche pas que les mouvements squats. Depuis une vingtaine d'années, nous assistons à un renforcement grandissant de la répression comme seule réponse aux problèmes sociaux. La parano sécuritaire ambiante s'attaque à tout ce qui sort du schéma capitaliste (« travailles, consommes, tais-toi »). Ainsi des personnes en situation précaire ou irrégulière (comme les contestataires, chômeurs-euses, étrangers-ères, requérants d'asile, sans-papiers...) sont accusées d'abus, d'être des profiteurs-euses et sont par conséquent de plus en plus criminaliséEs, contrôléEs et répriméEs. Cette logique répressive renforce la précarité en chargeant les casiers judiciaires et en jettant en prison, en refusant les régularisations et en prononçant des interdictions de travail...
Ainsi, cette machine d'exclusion sociale refuse leurs droits fondamentaux à toute une frange de la population. 
Un juge n'hésite plus aujourd'hui à vouloir emprisonner des squatters-ères alors que les prisons sont déjà surpeuplées...
               Squat mixte & Antikapitaliste des Sauges, à La Blécherette-Lôzanne
Par Collectif de squatteureuses - Publié dans : squat-des-sauges
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