Concours

Qu'est-ce qu'un squat? Et pourquoi squattons-nous?

Squatter, c'est se réapproprier des espaces inutilisés, revendiquer le droit d'usage plutôt que la propriété privée... Il est inadmissible que des maisons soient laissées à l'abandon, ou pire encore, fassent l'objet d'une spéculation immobilière tout en restant inoccupées. Squatter, c'est libérer le logement de la logique marchande. Se loger est un besoin fondamental qui ne doit pas être exploité pour enrichir les puissants.

Nous squattons, car c'est un mode de vie qui nous permet de ne pas dillapider le peu d'argent que nous gagnons dans des loyer excessifs, en nous sentant plus libre. On peut faire les aménagement les plus fous sans avoir à en faire la demande en trois exemplaires à un proprio aux considérations purement pécunières...

Le squat c'est comprendre les implications de nos actes quotidiens dans la marche du monde. C'est une enclave au coeur de la société capitaliste ambiante, où l'on peut appréhender notre manière d'être, nos réactions, en résistant aux assauts diffus de la  logique spectaculaire marchande. Cette approche communautaire peut nous permettre de nous libérer d'une éducation à caractère sexiste et autoritariste, en étant attentif à ses répercutions sur nos comportements et notre manière d'être.
Le squat nous permet d'expérimenter un mode de  vie collectif et participatif, dans le respect des valeurs et des envies de chacunEs: on prend les décisions touTEs ensemble, on participe aux réalisations selon nos disponibilités, on s'échange nos savoirs et nos connaissances, et on favorise des temps de discussions et d'écoute, pour exprimer nos ressentis, émettre des critiques, soulever des problèmes...


C'est souvent un investissement personnel et collectif: préparer des arguments pour se confronter à l'incompréhension des propriétaires, de la police, organiser des apéro de quartier avec les voisinNEs, tenter d'imposer nos articles aux journalistes...
Ré-investir l'espace demande aussi  beaucoup d'énergie: remettre en état les lieux, s'arranger pour avoir accès aux fluides (eau & électricité)...
C'est une prise de position solidaire face à la justice des riches et des puissants.
Lundi 30 mars 2009
Deux ans après la destruction de la petite maison des Sauges à Lausanne, squattée durant sa dernière année de vie et atrocement remplacée par un immeuble, le procès pénal a eu lieu le 11 février 09 au Tribunal de police à Lausanne. Les attentes quant au jugement étaient fortes – tant du côté des cinq inculpéEs, miSEs sous une pression judiciaire démesurée depuis le début du squat en 2006, que du côté de la justice, qui devait traiter une affaire truffée d’éléments pour le moins paradoxaux. Petit retour sur les tribulations du squat des Sauges et sur son étrange issue pénale , preuve d’une justice mal prise avec le droit à la propriété privée…

Un premier jugement intolérable
Le premier jugement fut l’œuvre d’un juge d’instruction très zélé : en août 2006, Laurent Maye condamne, depuis son bureau, trois habitantEs à 45 jours de prison ferme et deux amiEs en passage dans la maison à 500 francs d’amende. Il prononce une condamnation disproportionnée en espérant faire pression sur les inculpéEs pour qu’ilLEs partent. Mais n’est-ce pas plutôt le rôle des tribunaux civils de parler du départ d’habitantEs de leur lieu de vie ? La démarche de Maye est d’autant plus foireuse sachant que deux mois auparavant, les mesures provisionnelles (d’urgence) requises au civil par les propriétaires pour évacuer les gens ont été clairement refusées. Bref, une justice qui déjà se tire dans les pattes. Mais ce sont les inculpéEs qui trinquent ; s’ilLEs n’avaient pas fait opposition dans les dix jours, ilLEs auraient été emprisonnéEs un mois et demi ! Les frais de l’instruction sont bien entendu à leur charge.

L’issue pénale : retrait des plaintes contre des montants exorbitants
Bien que rendu caduque, ce jugement reste une donnée de base dans les esprits, et bien sûr dans celui du Président Thomas de Montvallon, qui juge l’affaire pénale le 11 février 09. Ce dernier peut-t-il désavouer son collègue magistrat ? Et de l’autre côté il y a la pression médiatique et politique, véhiculée ce jour-là par deux journalistes et d’une vingtaine de personnes venues en soutien, banderoles et blasons à l’appui, le jour de l’audience.

En stratège, le Président opte pour une soi-disant conciliation : emprunté par la tâche délicate de juger, il convainc les propriétaires de retirer leurs plaintes. En vantant les bienfaits d’une « nouvelle Justice », qui vise la réparation du dommage plutôt que la répression, il propose que les accuséEs fassent une bonne action et s’excusent. Dans ce dessein, il met dans les mains des plaignantEs les montants de la « réparation ». SoutenuEs par leur avocate, dont l’attitude prouve depuis longtemps qu’elle désire l’extinction des squats par la répression, les proprios ne lâchent pas un centime dans les négociations. Les montants sont très élevés , et la présentation des situations financière et personnelle des accuséEs n’y change rien. Le couteau d’une condamnation et des frais supplémentaires qu’elle engendrerait est pointé sur la gorge des inculpéEs : ilLEs acceptent de payer. Heureux d’avoir liquidé l’épineux problème, Thomas de Montvallon libère tout le monde en fin de matinée alors que le procès avait été prévu sur deux jours. Pas de témoins entenduEs, pas de plaidoiries ; ce jour-là, le débat a été absent.

L’illusion d’une conciliation
Cette solution de paiement est absurde : quel est le sens de contraindre des habitantEs sans-le-sou à faire une bonne action financière au profit d’une avocate aisée, d’une institution sociale  et du système judiciaire? Du temps de la maison, un accord a été proposé plusieurs fois par le collectif d’habitantEs, mais les propriétaires n’ont jamais daigné répondre aux appels. C’est bien pour cette raison que tout le monde s’est retrouvé stupidement au tribunal, avec des frais considérables pour les deux parties. En réalité, l’issue pénale n’est pas une conciliation. Le Président a simplement délégué aux plaignantEs la tâche de condamnation. Les montants à payer peuvent être considérés comme des amendes; sauf qu’il n’y a pas d’inscription au casier judiciaire.

Être ou ne pas être condamnéEs…
Cette solution est pourtant sans doute plus avantageuse qu’une condamnation. D’une part, cette dernière aurait engendré des frais supplémentaires, et n’aurait pas diminué la participation contrainte aux dépens (frais d’avocat) des propriétaires. Mais surtout, d’un point de vue plus large, une condamnation personnalise la peine, victimise (ou au contraire héroïse) quelques personnes, un peu choisies au hasard, au détriment de la considération d’une lutte collective et d’une solidarité dans un mouvement social. L’absence d’inscription au casier est l’élément principal qui a motivé les inculpéEs à accepter de payer. En effet, une condamnation  – surtout si elle prend la forme de travaux d’intérêt général – et son inscription au casier judiciaire peuvent être lourdes à porter ; la prescription est de dix ans.  Or il nous semble important que les conséquences d’actions collectives puissent être supportées collectivement. Lorsque des individus paient pour d’autres, l’envie de s’organiser s’amenuise. Les condamnations individuelles sont le reflet d’un système qui veut diviser les mouvements de révolte en exerçant une action répressive – si éducative qu’elle puisse paraître – sur des personnes isolées. La peur d’être réprimé en est un résultat observable à un niveau plus large : elle est souvent invoquée pour ne pas (ou ne plus) s’engager dans des actions militantes.

Squatter : une action politique à revendiquer jusqu’au bout
Au regard de l’affaire des Sauges, l’intimidation judiciaire fut très forte au départ. Force est de constater que d’avoir recouru juridiquement contre les menaces du juge d’instruction a été plutôt fructueux. Ce dernier aurait voulu que la terreur soit plus forte que le projet du squat. Mais la maison a bel et bien pu être occupée jusqu’à sa démolition, sans que les habitantEs ne subissent de conséquences directes graves.

Cette aventure a pu mettre en évidence la possibilité d’occuper les espaces de spéculation – ou du moins les maisons abandonnées. L’immeuble immonde qui a remplacé la maison et son jardin a pu être pointé du doigt, même si, dans ce cas, avoir squatté la précédente maison n’a pas pu empêcher le projet. Elle a aussi pu souligner les contradictions et les volontés de violence démesurée de l’appareil judiciaire. Elle a aussi mis en lumière l’apathie politique dans ce genre d’affaires : sous prétexte de séparation des pouvoirs, la municipalité, interpellée du temps de la maison, n’a rien voulu faire pour faciliter un accord entre propriétaires et squatteurEUSEs. SeulEs quelques conseillerEREs d’À Gauche Toute ont participé activement au soutien politique et dénoncé la situation.

La plupart des politiques et des justiciers veulent faire croire que le squat est une erreur de jeunesse, une imprudence, et que la répression (ou la réparation, ce qui revient au même) se justifie dans une volonté éducative. Pour nous, squatter restera toujours une action politique réfléchie qui, si elle est menée avec conviction, a le pouvoir de prouver sa légitimité par les actes. Nous revendiquons d’être les actrices et acteurs du changement et non des moutons vautrés dans l’acceptation d’une société intouchable d’exploitations et d’inégalités.


Collectif des Sauges

Par Collectif de squatteureuses - Publié dans : squat-des-sauges
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Samedi 24 janvier 2009
PROCÈS PÉNAL DU SQUAT DES SAUGES

Tribunal de Police – Montbenon - Lausanne

ME 11 ET JE 12 FÉVRIER 2009

08h30     rendez-vous de soutien devant le Tribunal
09h00     début de l’audience (pause de 12h00 à 14h30)         possibilité d'y assister en fonction des places disponibles

VENEZ SOUTENIR LES SQUATS ET LES ALTERNATIVES !

CONTRE LES ABERRATIONS DE LA LOI DU MARCHÉ ET LES INÉGALITÉS SOCIALES !

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En mars 2006, plusieurs personnes occupent une maison abandonnée avec verger au chemin des Sauges 9, à la Blécherette à Lausanne. Suite au dépôt d’une plainte pénale par les propriétaires, trois squatteurEUSEs sont condamnéEs à 45 jours de prison ferme. Motifs : violation de domicile et dommages à la propriété.  La « violation de domicile » concerne une maison vide et destinée à la démolition.  Les « dommages à la propriété » consistent à avoir débouché les toilettes, cimentées par les propriétaires. L’occupation n’a donc lésé personne, d’autant plus que les occupantEs se sont engagéEs à partir au début effectif des travaux.

Cette peine totalement insensée a évidemment fait l’objet d’une opposition. Après avoir été repoussée deux fois par le Tribunal pour des motifs futiles, l’audience pénale se tiendra donc près de trois ans après les faits.

En mars 2007, l’agence immobilière nouvellement propriétaire obtient un permis de démolition-construction. Les occupantEs quittent les lieux par elles/eux-mêmes début avril, après qu’un juge a ordonné leur départ dans un délai inhumain de 4 jours.

La parcelle est restée un terrain vague pendant 4 mois avant qu’un immeuble de quatre étages, sans jardin et avec parking souterrain, soit construit. Ses appartements de standing ont été mis en vente. Le quartier a ainsi perdu une partie de son caractère bucolique et participatif.

NOUS DÉNONÇONS :

•    que des personnes soient condamnées pour avoir habité provisoirement une maison abandonnée, sans léser personne ni retarder le projet de construction ;

•    que dans un contexte de grave crise du logement, des propriétaires laissent intentionnellement des maisons vides et les sabotent à des fins de pure spéculation immobilière ;

•    que ces mêmes propriétaires et promoteurEs soient encouragéEs à s’acharner contre les squats, alors que ces derniers proposent des alternatives concrètes et responsables aux injustices du marché du logement ;

•    que la situation soit traitée près de trois ans après les faits : les personnes inculpées sont mises sous pression dans la durée, alors que les promoteurs et propriétaires ont depuis longtemps réalisé leurs bénéfices sur cette affaire ;

•    que la construction qui a remplacé le squat des Sauges ait été encouragée, alors qu’elle favorise un mode de vie polluant, propice au cloisonnement, réservé aux personnes aux revenus confortables, au mépris des enjeux écologiques et sociaux auxquels notre société doit faire face.

ACQUITTEMENT IMMÉDIAT DES HABITANT-E-S DU SQUAT DES SAUGES !

HALTE A L’ACHARNEMENT JUDICIAIRE CONTRE LES SQUATS !

HALTE A L’ENCOURAGEMENT DES PROJETS IMMOBILIERS ANTISOCIAUX ET ANTI-ÉCOLOGIQUES !
Par Collectif de squatteureuses - Publié dans : squat-des-sauges
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Vendredi 23 janvier 2009
Sortie fraîchement des éditions T'okup, la brochure "Ces libertés qu'on nous vole" est un recueil d'écrits collectifs qui illustre différents cas d'atteintes aux libertés et qui dénonce la répression dont nous sommes victimes.

Initiée suite aux condamnations des squatteurEUSEs des Sauges, et à l'indignement que ces condamnations ont suscitées dans la scène engagée lausannoise, la brochure s'efforce d'élargir la problématique des squats aux répressions sur les personnes précarisées, engagées, aux statuts sociaux défavorisés, etc.

Pour finalement appréhender un constat certes sombre (mais qui nous aide à mieux définir certaines cibles à combattre) : celui d'une société liberticide qui contrôle, norme, soumet et réprime des peuples entiers. Au nom de l'ordre social, du statut quo politique et de la marche triomphale de l'économie de marché.

Nos luttes ont besoin de se regrouper; tel est l'enjeu de ces écrits collectifs.

Pour commander la brochure ou connaître les lieux de diffusion (prix libre):

infokiosk de l'espace autogéré - éditions T'okup :

espaceautogere@squat.net

Rue César Roux 30 1005 Lausanne
Par Collectif de squatteureuses
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Lundi 25 août 2008
Samedi 30 aôut 2008

20H: Bouffe pop (à l'étage de l'espace)

programme des concerts:

22H: ouverture des portes, Entrée à 5 ou 10 CHF (en soutien pour les frais de justice!)

Raggumbians (raggae, Lôz)
Jante Alu (grind/métal, Lôz)
Métal Heart (reprises heavy métal 80's)
Disco DJ Crew Kus Kus Klan
Café et croissants à l'aube!

pour nous aider: contactez nous auxsauges@no-log.org
Par Collectif de squatteureuses
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Jeudi 14 août 2008
La justice nous mênent en bateau!

Le juge à de nouveau repoussé l'audience, à des dates encores inconnues...
Mais notre soirée de soutien du 30 août à l'espace autogéré de Lausanne est maintenue!

Le programme détaillé de la soirée arrive!
Par Collectif de squatteureuses
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